La gestion des délais reste la première source de risque dans un cabinet.

Un calendrier, une source de vérité Lorsque les échéances vivent dans plusieurs agendas, la vérification devient un travail à part entière. Rattacher chaque délai au dossier concerné permet de retrouver, en une consultation, l'ensemble des actes à venir.

Distinguer le délai et la tâche Un délai procédural est une contrainte externe. Une tâche interne est une décision d'organisation. Les afficher séparément évite de traiter les deux avec la même urgence.

Documenter la relance Chaque relance adressée à un client ou à un confrère gagne à être conservée dans le dossier. La traçabilité protège autant le cabinet que le client.

Reprendre les délais existants La mise en place d'un calendrier unique commence par un inventaire. Reprenez, dossier par dossier, les échéances déjà connues : dates d'audience, délais de recours, délais de communication de pièces, échéances contractuelles et rendez-vous clients. Cet inventaire prend une demi-journée dans un cabinet de taille moyenne, et il révèle presque toujours des délais qui n'existaient que dans la mémoire d'une seule personne.

Qui voit quoi Dans un cabinet de deux à cinquante avocats, tout le monde n'a pas besoin de voir l'intégralité des échéances. Un associé suit ses dossiers et ceux qu'il supervise ; un collaborateur suit les dossiers qui lui sont confiés ; le secrétariat a besoin des audiences et des rendez-vous, pas nécessairement du détail des actes. Définir ces périmètres au départ évite deux écueils opposés : un calendrier illisible parce qu'il montre tout, ou des délais invisibles parce que personne n'y a accès.

Les rappels utiles Un rappel n'a de valeur que s'il laisse le temps d'agir. Pour un acte à préparer, un rappel la veille arrive trop tard. La pratique la plus sûre consiste à poser deux échéances : la date limite réelle, et une date de travail antérieure qui déclenche la préparation. Le cabinet travaille sur la seconde ; la première ne sert que de garde-fou.

Ce qui doit rester écrit Un délai tenu mais non documenté reste difficile à démontrer. Conserver dans le dossier la date de réception de l'information, la date de la diligence accomplie et la trace de la relance adressée permet, des mois plus tard, de reconstituer la chronologie sans reconstitution de mémoire. C'est également ce que demande, en pratique, tout examen de responsabilité professionnelle.

Points de vigilance Trois erreurs reviennent souvent : conserver un agenda parallèle « au cas où », ce qui recrée deux sources de vérité ; enregistrer une échéance sans la rattacher à un dossier, ce qui la rend introuvable ; et confondre l'urgence ressentie avec l'urgence procédurale. Un calendrier rattaché aux dossiers, tenu par tous et nettoyé régulièrement, corrige ces trois points sans outil supplémentaire.